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BioMareau : l’impact des travaux d’entretien du lit de la Loire sur la biodiversité, dans la réserve naturelle de Saint-Mesmin

BioMareau est un projet de recherche qui a pour objectif d’étudier les conséquences des travaux d’entretien du lit de la Loire sur plusieurs composantes de la biodiversité au sein d’un ilot d’un ensemble de 13 hectares à Mareau-aux-prés. Dans l’optique de maintenir la capacité d’écoulement du fleuve, le Pôle Loire de la Direction Départementale du Loiret a dévégétalisé et arasé cet ilot en septembre 2012. La biodiversité présente sur cet ilot a été ainsi remise à zéro. Mais la dynamique naturelle du fleuve a apporté de nouveaux sédiments lors de l’hiver suivant et une nouvelle biodiversité s’est installée, à partir de flux de populations provenant des autres îlots, îles et berges.Ce projet multidisciplinaire sur lequel travaillent différents organismes (INRA, Loiret Nature Environnement, IRSTEA, Conservatoire Botanique National Bassin Parisien, UMR CITERES, Université de Tours) est orienté selon 6 axes :

  • La dynamique de la Loire et l’évolution des dépôts de sédiments
  • La végétation, herbacée, arbustive et arborescente, autochtone ou exotique
  • Les oiseaux nicheurs des grèves
  • Les liens entre Castor et végétation
  • L’étude des populations de Carabes (insectes coléoptères)
  • L’approche paysagère

Mesures de la consommation du Castor sur les rejets de Peuplier noir par lIRSTEA LNE  Quadrat de suivi des semis de Peuplier noir Marc Villar INRA Val de Loire red   Suivi de lévolution topographique dun îlot à Mareau par lUniversité de Tours LNE red

Son originalité réside dans une approche croisée et complémentaire d’études sur le vivant (la faune et la flore), le minéral (sédiments) et les sciences humaines avec l’approche paysagère, ainsi que l’association entre chercheurs et gestionnaire de la réserve naturelle de Saint-Mesmin (LNE)
5 années de travail ont permis d’acquérir de nombreuses données, permettant de mieux comprendre le fonctionnement du fleuve et ses différentes composantes.
Le projet ainsi que les premières conclusions vous sont présentés dans ce petit film tourné au cours de la saison 2017.

Iles de Mareau Olivier DENUX INRA Val de Loire red

Cette opération est cofinancée par l'Union européenne. L'Europe s'engage sur le bassin de la Loire avec le Fonds européen de développement régional.

 

Le suivi des libellules patrimoniales

Depuis 2015, l’équipe de la réserve naturelle de Saint-Mesmin participe au Plan Régional d’Action en faveur des Odonates (Libellules et Demoiselles). Ce programme, financé par l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne, a réuni 8 structures différentes en 2018 sur l’ensemble du bassin de la Loire. Il a pour objectif d’évaluer l’état des populations du Gomphe à pattes jaunes (Gomphus flavipes) et du Gomphe serpentin (Ophiogomphus cecilia), espèces protégées en France et d’acquérir des connaissances sur la biologie et l’écologie de ces espèces dont l’aire de distribution suit essentiellement le cours de la Loire.

Gomphe serpentin D. HémerayEmmanuel PINEAU lors du protocole Gomphes D. Hémerayexuvie sur une tige D. Hémeray

Après un cycle larvaire aquatique de plusieurs années, les larves d’Odonates sortent de l’eau et montent sur un support (roche, végétation, sol) pour effectuer leur ultime transformation. Une fois l’adulte envolé, les libellules laissent derrière elles, une mue que l’on nomme exuvie. Ce sont donc les exuvies appartenant aux espèces ciblées par ce protocole que l’on cherche à récolter.

Quatre passages sont réalisés chaque année entre le 15 mai et le 15 août, sur 8 transects de 125 mètres de long chacun. Les secteurs sont tirés au sort chaque année, ce qui permet de couvrir les différents milieux naturels et d’obtenir ainsi des résultats représentatifs de la Loire dans la réserve naturelle. Pour réaliser ce protocole dans des conditions optimales, il est nécessaire d’avoir une météo favorable (pas de pluie et pas de vent) et des niveaux de Loire stables pendant 2 jours minimum.

En 2018, les averses orageuses et les fluctuations de la Loire ont compliqué la programmation du suivi et le canoë a été indispensable jusqu’à la fin juin, pour prospecter les berges du fleuve. Malgré cela, 522 exuvies de Gomphes ont pu être récoltées. Un quart d’entre elles environ appartiennent aux deux espèces cibles, la grande majorité étant constituée d’exuvies d’Onycogomphes à pinces (Onychogomphus forcipatus), beaucoup plus commun.

Les données sont ensuite transmises au coordinateur du programme à Tours pour être analysées à l’échelle du Bassin de la Loire.
Grand merci aux bénévoles qui nous ont aidé pour la réalisation de ce suivi et rendez-vous en 2019 !

 

Des barrières pour protéger les bords du Loiret

Depuis mi-avril, 2 barrières ont été installées dans le but de limiter la surfréquentation en bord de Loiret dans le périmètre de protection de la réserve naturelle de Saint-Mesmin, à proximité de la Pointe de Courpain. L’objectif était également d’éviter tout risque d’accident entre les cyclistes de la Loire à vélo et les usagers du cours d’eau. La première barrière a été installée sur la levée en amont de la confluence Loire-Loiret et l’autre sur un chemin rural perpendiculaire à la levée.

Ces barrières ont été fermées durant la période d’affluence, entre le 15 juin et le 15 septembre. Elles pourront aussi être fermées les week-ends en mai ou juin en cas de forte chaleur et donc de risque d’affluence !

Comme premier bilan, on peut indéniablement constater que le stationnement des véhicules sur la levée en bord de Loiret a considérablement diminué. Cependant, avec les températures caniculaires de cet été et la fermeture de la zone de baignade à l’Ile Charlemagne, le public a recherché la fraîcheur et la proximité de l’eau et, malgré l’interdiction de baignade, le Loiret est resté une zone fréquentée tout l’été.

L’équipe de la réserve naturelle a consacré beaucoup de temps et d’énergie pour faire accepter ce nouvel aménagement, auprès des usagers et des acteurs locaux, pour que les habitudes changent peu à peu. Malgré cela, les infractions ont encore été nombreuses : stationnement et déplacement en voiture sur la levée, contournement des barrières en roulant sur une parcelle agricole, détérioration de matériel à plusieurs reprises, déchets laissés sur le site, traces de feux…. Cette année, la gendarmerie nous a apporté un soutien très appréciable, en effectuant régulièrement des tournées de surveillance et en verbalisant les automobilistes qui ne respectaient pas le code de la route.

Si quelques éléments restent à améliorer pour 2019, ce nouveau dispositif semble bien adapté à la problématique locale et aura permis aux différents acteurs concernés de travailler ensemble et en concertation à la protection des bords du Loiret.

E PINEAU Barrière Mareau levée 2

 

Les derniers échos ornithos

Malgré la fréquentation estivale et une reproduction tardive, les sternes ont réussi à nicher sur les îles de Mareau cette année encore : au moins 7 couples de Sterne naine, et 1 couple de Sterne pierregarin avec 2 jeunes, ce qui constitue une première pour la réserve. Ces derniers jours, un groupe de 7 Grèbes à cou noir a été observé, ce qui n’est pas fréquent pour cette espèce plus coutumière des étangs. Mais la plus belle observation est sans conteste celle d’un jeune Phalarope à bec étroit. Ce limicole dont l’aire de répartition se situe dans le nord de l’Europe est une première pour la réserve !

Un grand merci aux observateurs pour leurs précieuses informations ornithologiques !

poussin sterne pierregarin JC PicardGrèbe à cou noir Podiceps nigricollis Emmanuel PineauPhalarope à bec étroit wikimedia commons

 

Le comptage annuel des oiseaux d’eau

Comme chaque année depuis plusieurs décennies, à la mi-janvier, les ornithologues de toute l’Europe ont compté les oiseaux d’eau. Ce suivi permet de bien connaitre les effectifs et les évolutions numériques de ces espèces.

L’équipe de la réserve naturelle de Saint-Mesmin a compté les oiseaux d’eau sur le Loiret et sur les 9 km de Loire situés dans la réserve naturelle. Sur la Loire, les effectifs étaient très faibles : la crue de début janvier a fait fuir la plupart des oiseaux. Le Loiret a connu également une hausse de niveau sensible, mais sans contraindre les oiseaux à partir. Les effectifs comptés sont donc restés importants, principalement sur la partie privée de la rivière, un peu inférieurs cependant à ceux de 2017. Le nombre d’oiseaux présents à la mi-janvier avait alors atteint des records.

Cette année, l’espèce la plus abondante a été la Foulque macroule avec 840 individus (1006 en 2017). Elle détrône de la première place le Canard colvert (608 individus). Viennent ensuite le Grèbe castagneux (178), le Cygne tuberculé (167) et la Gallinule poule-d’eau (89). Le Canard chipeau est assez bien représenté avec 64 individus, les autres espèces sont marginales.

foulque macroule GUILLAUME CHEVRIER 4 cr2

Du mouvement dans l’équipe de la réserve naturelle !

Avec le départ en retraite de Michel Chantereau en début d’année, une page de la réserve naturelle de Saint-Mesmin s’est tournée. Pourtant, la continuité est assurée, puisque c’est Damien Hémeray, garde technicien depuis bientôt 10 ans, qui prend sa succession. Le poste de garde devenant vacant, un recrutement a été réalisé fin 2017. Le nouveau garde, Emmanuel Pineau, 33 ans, était auparavant agent-éclusier sur la Mayenne au Conseil départemental de la Mayenne.

L’équipe de la réserve naturelle de Saint-Mesmin, au complet, peut ainsi relever les défis de cette nouvelle année : allier protection de la nature, découvertes scientifiques, accueil du public et sensibilisation.

12 08 09 RN St Mesmin AH DC 26 cr2

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