Fil d'Ariane
- Accueil
- Je m'informe
- Nos prises de position
- Contribution de LNE à l'enquête publique plateforme logistique Westea à Amilly
Contribution de LNE à l'enquête publique plateforme logistique Westea à Amilly
Remarques préliminaires :
La Société Westea, filiale du groupe Barjane, projette la construction d’une plateforme logistique qu’elle mettra à disposition de différentes sociétés (industriels, grande distribution, logisticiens) sur un terrain de 17,7 ha situé au sein de la zone industrielle, rue Saint Gabriel, sur le territoire de la commune d’Amilly. Il s’agit d’un projet très important auxquels sont associés bureaux, locaux techniques et poste de garde qui occuperont au total environ 76 375 m² dans le prolongement nord-est de la zone industrielle actuelle d’Amilly.
Cet établissement est soumis au régime d’autorisation au titre de la réglementation des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE), et est classé Seveso Seuil Bas.
1 Une utilité très incertaine :
A l’heure où les installations pour la logistique se multiplient dans la région Centre et tout particulièrement dans le département du Loiret, et que leur taille - leur gigantisme - interroge, on est en droit de se demander si ce énième projet aura une quelconque utilité.
Quand ce véritable envahissement va-t-il s’arrêter ? L’emprise de ce projet sur des terres cultivées ou cultivables est d’environ 12 hectares. Que faire pour alerter sur l’artificialisation des terres agricoles à marche forcée ? Comment ce projet s’inscrit-il dans la réglementation sur le Zéro Artificialisation Nette (pour lutter contre l’artificialisation des sols, la loi «Climat et résilience» du 22 août 2021 a défini un objectif de zéro artificialisation nette ZAN) ?
2 L’argument contestable de la création d’emploi :
Le secteur de la logistique a des difficultés pour recruter et pour assurer l’ensemble des tâches prévues dans ces entrepôts, ce qui explique que les infrastructures installées dans le Loiret ne sont pas utilisées à 100%. De plus, ces plateformes utilisent des unités les plus robotisées possibles.
En quoi la situation serait-elle différente sur le site d’Amilly ?
3 Une nouvelle atteinte à l’environnement :
Dans le document d’octobre 2020 édité par la préfecture de la région Centre Val de Loire « profil environnemental régional », nous notons que le secteur des transports représente à lui seul 45% des émissions totales de CO² (devant le secteur résidentiel, celui de l’industrie et celui de l’agriculture). Ce secteur est en outre le principal pourvoyeur de métaux lourds tel que le plomb et l’arsenic.
Depuis cette date, le trafic n’a malheureusement pas fléchi (hormis pendant la période de pandémie) ce qui est peu rassurant. Que penser alors d’un projet qui risque d’intensifier encore les flux routiers dans le département ?
4 Une intégration paysagère à repenser :
Avec une hauteur à l’acrotère qui sera de 17,45 mètres, l’ensemble constituera une masse visuelle qui défigurera sans aucun doute ce paysage bocager. L’installation de panneaux solaires - la moindre des choses qu’on est en droit d’attendre d’un projet d’une telle envergure – n’améliorera pas l’aspect global de cette plateforme. Par ailleurs, nous regrettons que l’emploi de matériaux biosourcés ne figure pas dans le dossier.
5 Une absence de précisions problématique en matière de risques incendie :
L’incendie d’une plateforme de type Seveso bas est déjà arrivé dans la région, coupant la ville de Tours de tout approvisionnement en eau potable en 1988. Comme les entreprises qui vont utiliser ce site ne sont pas encore connues, on ne sait pas quels seront les produits qui y seront réellement entreposés.
En cas d’incendie, les riverains seraient très impactés par les fumées, le bassin de la Chise serait sans doute contaminé et selon le vent, les agglomérations proches en subiraient également les conséquences.
Quelles solutions sont prévues dans ce cas pour éviter une catastrophe écologique voire humaine ?
6 Les principaux enjeux pour l’environnement et la santé humaine :
a- La consommation d’espaces
L’objectif ZAN 2050 de diviser par deux le rythme d’artificialisation d’ici 2031 et, plus généralement, la prise en compte des effets du dérèglement climatique désormais irréfutables et avérés - nous confortent dans notre avis négatif. Pour rappel, dans le document d’octobre 2020 mentionné ci-dessus, nous notons une moyenne de 1690 hectares artificialisés en 2017/2018 dans la région.
b- L’eau et les risques naturels
Le risque de pollution accidentelle des eaux de surface et souterraines n’est pas à négliger. Le terrain prévu pour la construction de ce centre logistique est situé sur la nappe issue des craies du Gâtinais et il fait partie du périmètre de protection éloigné du captage de la Chise.
De plus ce secteur fait partie du bassin versant du Loing. La Galissone se situe à 960 m du site et le canal du Loing à 1,4km. Il nous faut garder en mémoire les conséquences des inondations subies dans le nord et l’est du département lors des événements climatiques de 2016. Le dérèglement climatique s’aggravant sans cesse, de fortes pluies ne sont pas à exclure dans cette zone. Le bassin de rétention prévu dans le projet pour filtrer les eaux contaminées liées à l’activité du site pourrait alors déborder et l’eau polluée se retrouver dans la nappe phréatique. Celle-ci