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L'eau et le sable. Dernier grand fleuve sauvage d'Europe et
plus long fleuve de France, la Loire marque profondément
les paysages du Loiret. Tantôt fougueuse et emportée,
tantôt paisible et scintillante, en tous temps capricieuse,
elle irrigue le cœur du Loiret de ses vastes courbes.
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Les paysages du
Val de Loire
Les lignes de force du paysage sont organisées parallèlement
au cours du fleuve : lit mineur aux îles et grèves
mouvantes, forêt alluviale, linéaires de pelouses
sableuses parcourues par les moutons solognots et leur berger,
prairies naturelles engraissées par le limon des crues,
interminables levées autrefois appelées turcies
et érigées par les hommes depuis le Moyen Age
pour se protéger de ses caprices, vaste val cultivé,
côteaux aux rebords boisés, affluents et canaux
longeant un temps le fleuve.
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Le Val agricole
L'agriculture exploite la quasi-totalité du lit
majeur. Sur ces terres cultivées, d'importantes
bandes de Vanneaux huppés se rassemblent en
hiver où s'entremêlent parfois quelques centaines
de Pluviers dorés. Lorsque les cultures se font
vergers de hautes tiges et que les fermes sont éparpillées
sur les buttes ou montilles, la Chouette chevêche
n'est pas loin.
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La forêt alluviale
Mais c'est surtout lorsqu'on se rapproche
du fleuve que la nature y palpite à toutes saisons.
De Bonny-sur-Loire à l'aval de Beaugency, la Loire
compte encore quelques belles forêts alluviales,
comme sur l'île à Gaston à Châtillon-sur-Loire,
propriété du Conservatoire du Patrimoine Naturel
de la Région Centre, ou dans les courbes de Guilly
(l'île aux Canes) entre St Père-sur-Loire (site
d'Entre-les-Levées) et Châteauneuf-sur-Loire,
secteur qui a fait l'objet d'importantes actions de préservation
dans le cadre du programme européen Loire Nature.
Ces linéaires boisés ou " verdiaux ", parfois
larges de quelques mètres seulement, sont appelés
encore ripisylves ou forêts galeries, tant la luxuriance
et les lianes tels le Houblon, la Clématite
ou le Lierre peuvent lui donner des airs de forêt
équatoriale, comme à la pointe de Courpain à
l'embouchure du Loiret. Ces forêts alluviales se poursuivent
sur de nombreuses îles, comme dans le Châtillonnais,
dans les méandres de Guilly et de St Benoît,
sur les îles de Mareau-aux-Prés… Le
Peuplier noir dont de très vieux et puissants spécimens,
anciens repères de mariniers, parsèment les
rives du fleuve, pas moins de 5 espèces de Saules,
le Frêne et l'Orme lisse en assurent l'ossature.
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Au printemps, la ripisylve est le lieu de
reproduction d'une très grande diversité de
passereaux tels le Rossignol philomèle, les
Fauvettes des jardins et à tête
noire, la Tourterelle des Bois, le Loriot d'Europe,
le Pouillot véloce…
Réinstallé depuis le milieu des années
70, le Castor d'Europe est omniprésent sur les
rives boisées et y dissimule son terrier-hutte. Il
partage son territoire ligérien avec le Ragondin
et le Rat musqué avec lesquels il ne faut pas
le confondre, mais aussi avec le beaucoup plus petit et aujourd'hui
rare Campagnol aquatique. La Loutre d'Europe
y a même fait récemment son apparition.
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Prairies et pelouses
Lorsque la prairie se fait bocage comme dans le Châtillonnais,
les haies sont le domaine de la Pie-grièche écorcheur
et de la Fauvette grisette, mais aussi parfois, de
la Pie-grièche à tête rousse et
de la Fauvette babillarde. Dans ces prairies, le Pipit
farlouse niche encore et la Scille d'automne, minuscule
Liliacée, s'épanouit.
En été, les pelouses sur sable, surchauffées,
bruissent du chant de millions de criquets et sauterelles,
comme dans le Rio de l'île aux Canes, à Guilly.
Plus de 30 espèces s'y retrouvent comme le Gomphocère
tacheté, le Criquet rouge-queue, le Caloptène
ochracé, le Chorthippe des jachères,
la Decticelle tachetée, le Grillon d'Italie…
Les formations végétales y sont adaptées
aux sévères sécheresses comme le Corynéphore,
une petite graminée bleue au port raide, l'Armoise
champêtre et le Carex de la Loire. Des plantes,
dont les graines véhiculées par les eaux, sont
descendues du Massif Central et se sont implantées
durablement dans quelques sites, comme le Genêt purgatif,
la Scrofulaire des chiens et le Lupin à feuilles
étroites.
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Les fourrés
à prunelliers et les landes à genêts
Bien que peu diversifiés et impénétrables,
les fourrés de bord de Loire sont essentiels pour toute
une faune qui s'y abrite, y butine ou s'y reproduit. De nombreux
insectes y sont présents. L'Ecaille chinée,
le Petit Paon de nuit et le Flambé y déposent
leurs oeufs.
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Les rives du fleuve
En rive, Iris d'eau, Bidens, Jonc fleuri et Souchet
odorant forment un linéaire luxuriant où se posent
volontiers le Caloptéryx éclatant et où
s'accrochent les larves du Gomphe serpentin et du Gomphe
à pattes jaunes juste avant de troquer leur livrée
de pirate du fond des eaux (exuvie) pour celle d'un superbe
voilier au corps jaune et noir. Lorsque la rive se fait micro-falaise
de sable, elle est souvent piquetée des nombreux trous
formés par les nids-terriers des Hirondelles de rivage
qui forment parfois de vastes colonies et, de façon solitaire,
par celui du Martin-pêcheur.
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Grèves et
vasières
Par bien des aspects, la Loire n'est pas sans rappeler certains
fleuves tropicaux comme le Niger ou la Gambie avec lesquels
elle partage certaines espèces végétales
comme le Souchet de Micheli. Sur les grèves, le
rapport à l'eau détermine les associations végétales
qui forment souvent des linéaires qui épousent
leur contour.
Les vases accueillent la Pulicaire commune et la Littorelle
aquatique. Ces vases, lorsqu'elle sont humides, sont le
berceau de myriades de vies larvaires qui deviennent vite la
proie de nombreux oiseaux dont les Limicoles, tels les
chevaliers et bécasseaux aux multiples
espèces en escale de migration depuis le nord de l'Europe
jusqu'à l'Afrique équatoriale et tropicale. Les
sables et graviers non fixés sont le domaine des Chénopodes
et de la Corrigiole des sables. C'est là aussi
que s'installent, souvent à même le sol, plusieurs
espèces d'oiseaux remarquables.
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Cette singularité des étiages
et des crues convient ainsi à certains oiseaux pour
nidifier comme les Sternes pierregarins, les Sternes
naines, le Petit Gravelot et, plus rarement, le
Chevalier guignette et l'Oédicnème
criard. Certaines grèves sont également
occupées par d'importantes colonies de Mouettes
rieuses et de Mouettes mélanocéphales.
En période estivale, elles sont remplacées ou
complétées par l'arrivée d'importants
rassemblements de jeunes Goélands leucophée.
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Les eaux du fleuve
N'oublions pas le fleuve lui-même aux eaux poissonneuses
où dominent Gardons, Tanches et Brèmes.
Mais la Loire est aussi l'une des principales voies de migration
pour le Saumon, la Grande Alose, la Lamproie
marine qui remontent son cours jusqu'aux frayères.
Cette profusion est mise à profit par le rare Balbuzard
pêcheur qu'il soit local ou en migration, mais aussi
par les hérons comme le Héron cendré,
l'Aigrette garzette et le Bihoreau gris dont
les colonies nicheuses mixtes jalonnent les boisements du
fleuve.
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