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Val de Loire
 
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L'eau et le sable. Dernier grand fleuve sauvage d'Europe et plus long fleuve de France, la Loire marque profondément les paysages du Loiret. Tantôt fougueuse et emportée, tantôt paisible et scintillante, en tous temps capricieuse, elle irrigue le cœur du Loiret de ses vastes courbes.

La Loire, photo de Christelle Coudray
 
       
 


La Loire

Les paysages du Val de Loire

Les lignes de force du paysage sont organisées parallèlement au cours du fleuve : lit mineur aux îles et grèves mouvantes, forêt alluviale, linéaires de pelouses sableuses parcourues par les moutons solognots et leur berger, prairies naturelles engraissées par le limon des crues, interminables levées autrefois appelées turcies et érigées par les hommes depuis le Moyen Age pour se protéger de ses caprices, vaste val cultivé, côteaux aux rebords boisés, affluents et canaux longeant un temps le fleuve.
 
       
 



Le Val agricole

L'agriculture exploite la quasi-totalité du lit majeur. Sur ces terres cultivées, d'importantes bandes de Vanneaux huppés se rassemblent en hiver où s'entremêlent parfois quelques centaines de Pluviers dorés. Lorsque les cultures se font vergers de hautes tiges et que les fermes sont éparpillées sur les buttes ou montilles, la Chouette chevêche n'est pas loin.

La Loire, photo de Christelle Coudray
 
       
 

La forêt alluviale

Mais c'est surtout lorsqu'on se rapproche du fleuve que la nature y palpite à toutes saisons. De Bonny-sur-Loire à l'aval de Beaugency, la Loire compte encore quelques belles forêts alluviales, comme sur l'île à Gaston à Châtillon-sur-Loire, propriété du Conservatoire du Patrimoine Naturel de la Région Centre, ou dans les courbes de Guilly (l'île aux Canes) entre St Père-sur-Loire (site d'Entre-les-Levées) et Châteauneuf-sur-Loire, secteur qui a fait l'objet d'importantes actions de préservation dans le cadre du programme européen Loire Nature.

Ces linéaires boisés ou " verdiaux ", parfois larges de quelques mètres seulement, sont appelés encore ripisylves ou forêts galeries, tant la luxuriance et les lianes tels le Houblon, la Clématite ou le Lierre peuvent lui donner des airs de forêt équatoriale, comme à la pointe de Courpain à l'embouchure du Loiret. Ces forêts alluviales se poursuivent sur de nombreuses îles, comme dans le Châtillonnais, dans les méandres de Guilly et de St Benoît, sur les îles de Mareau-aux-Prés… Le Peuplier noir dont de très vieux et puissants spécimens, anciens repères de mariniers, parsèment les rives du fleuve, pas moins de 5 espèces de Saules, le Frêne et l'Orme lisse en assurent l'ossature.

 
       
 

Au printemps, la ripisylve est le lieu de reproduction d'une très grande diversité de passereaux tels le Rossignol philomèle, les Fauvettes des jardins et à tête noire, la Tourterelle des Bois, le Loriot d'Europe, le Pouillot véloce

Réinstallé depuis le milieu des années 70, le Castor d'Europe est omniprésent sur les rives boisées et y dissimule son terrier-hutte. Il partage son territoire ligérien avec le Ragondin et le Rat musqué avec lesquels il ne faut pas le confondre, mais aussi avec le beaucoup plus petit et aujourd'hui rare Campagnol aquatique. La Loutre d'Europe y a même fait récemment son apparition.

Castor
 
       
 

Prairies et pelouses

Lorsque la prairie se fait bocage comme dans le Châtillonnais, les haies sont le domaine de la Pie-grièche écorcheur et de la Fauvette grisette, mais aussi parfois, de la Pie-grièche à tête rousse et de la Fauvette babillarde. Dans ces prairies, le Pipit farlouse niche encore et la Scille d'automne, minuscule Liliacée, s'épanouit.
En été, les pelouses sur sable, surchauffées, bruissent du chant de millions de criquets et sauterelles, comme dans le Rio de l'île aux Canes, à Guilly. Plus de 30 espèces s'y retrouvent comme le Gomphocère tacheté, le Criquet rouge-queue, le Caloptène ochracé, le Chorthippe des jachères, la Decticelle tachetée, le Grillon d'Italie… Les formations végétales y sont adaptées aux sévères sécheresses comme le Corynéphore, une petite graminée bleue au port raide, l'Armoise champêtre et le Carex de la Loire. Des plantes, dont les graines véhiculées par les eaux, sont descendues du Massif Central et se sont implantées durablement dans quelques sites, comme le Genêt purgatif, la Scrofulaire des chiens et le Lupin à feuilles étroites.

 
       
 
Les fourrés à prunelliers et les landes à genêts

Bien que peu diversifiés et impénétrables, les fourrés de bord de Loire sont essentiels pour toute une faune qui s'y abrite, y butine ou s'y reproduit. De nombreux insectes y sont présents. L'Ecaille chinée, le Petit Paon de nuit et le Flambé y déposent leurs oeufs.
 
       
 


Libéllule

Les rives du fleuve

En rive, Iris d'eau, Bidens, Jonc fleuri et Souchet odorant forment un linéaire luxuriant où se posent volontiers le Caloptéryx éclatant et où s'accrochent les larves du Gomphe serpentin et du Gomphe à pattes jaunes juste avant de troquer leur livrée de pirate du fond des eaux (exuvie) pour celle d'un superbe voilier au corps jaune et noir. Lorsque la rive se fait micro-falaise de sable, elle est souvent piquetée des nombreux trous formés par les nids-terriers des Hirondelles de rivage qui forment parfois de vastes colonies et, de façon solitaire, par celui du Martin-pêcheur.
 
       
 
Grèves et vasières

Par bien des aspects, la Loire n'est pas sans rappeler certains fleuves tropicaux comme le Niger ou la Gambie avec lesquels elle partage certaines espèces végétales comme le Souchet de Micheli. Sur les grèves, le rapport à l'eau détermine les associations végétales qui forment souvent des linéaires qui épousent leur contour.

Les vases accueillent la Pulicaire commune et la Littorelle aquatique. Ces vases, lorsqu'elle sont humides, sont le berceau de myriades de vies larvaires qui deviennent vite la proie de nombreux oiseaux dont les Limicoles, tels les chevaliers et bécasseaux aux multiples espèces en escale de migration depuis le nord de l'Europe jusqu'à l'Afrique équatoriale et tropicale. Les sables et graviers non fixés sont le domaine des Chénopodes et de la Corrigiole des sables. C'est là aussi que s'installent, souvent à même le sol, plusieurs espèces d'oiseaux remarquables.
 
       
 

Cette singularité des étiages et des crues convient ainsi à certains oiseaux pour nidifier comme les Sternes pierregarins, les Sternes naines, le Petit Gravelot et, plus rarement, le Chevalier guignette et l'Oédicnème criard. Certaines grèves sont également occupées par d'importantes colonies de Mouettes rieuses et de Mouettes mélanocéphales. En période estivale, elles sont remplacées ou complétées par l'arrivée d'importants rassemblements de jeunes Goélands leucophée.

Oiseaux de Loire
 
       
 


La Loire

Les eaux du fleuve

N'oublions pas le fleuve lui-même aux eaux poissonneuses où dominent Gardons, Tanches et Brèmes. Mais la Loire est aussi l'une des principales voies de migration pour le Saumon, la Grande Alose, la Lamproie marine qui remontent son cours jusqu'aux frayères. Cette profusion est mise à profit par le rare Balbuzard pêcheur qu'il soit local ou en migration, mais aussi par les hérons comme le Héron cendré, l'Aigrette garzette et le Bihoreau gris dont les colonies nicheuses mixtes jalonnent les boisements du fleuve.

 
 
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Mise à jour : 12/02/10