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Forêt d'Orléans
 
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Telle une coiffe, le massif de la forêt d'Orléans épouse les courbes du grand fleuve par le nord sur près de 60 000 hectares. C'est la seule région naturelle véritablement propre au département du Loiret.

Au cœur de cet espace forestier où se nichent les loges, vastes clairières agricoles et leurs villages, s'étendent les 34 700 hectares de la Forêt domaniale d'Orléans gérés par l'Office National des Forêts.

Ceux-ci se décomposent en 3 massifs, d'est en ouest : Lorris, Ingrannes et Orléans, constituant la plus vaste forêt domaniale de France.

Forêt Orléans - Photo de Christelle Coudray
 
       
 



Forêt Orléans - Photo de Christelle Coudray



Forêt Orléans - Photo de Christelle Coudray

Paysages forestiers

Etablie pour l'essentiel sur les sables et argiles de Sologne, la Forêt d'Orléans est aussi assise sur les terrasses de sables rouges de la Loire dans sa partie sud et se trouve, à l'ouest, en contact direct avec le calcaire de Beauce, créant gouffres, rivières souterraines et pertes. Les premiers naturalistes y trouvèrent nombre d'indices de pachydermes, rhinocéros et autres faunes paléontologiques aujourd'hui disparues.
Pour le profane, la Forêt d'Orléans donne sans doute l'impression d'une forêt de plaine monotone, aux peuplements bien ordonnés et voués à la production de bois. Plusieurs milliers de kilomètres de routes forestières rectilignes, hérités des chasses royales la parcourent en effet, la découpant en plus de 1 500 parcelles soigneusement étiquetées.
Pour le naturaliste, il en est tout autrement ! La diversité des essences et de l'âge des peuplements, un réseau de plus d'un millier de mares et d'une cinquantaine d'étangs, les nombreuses sources, ruisseaux et fossés qui partagent la forêt entre bassin de la Loire et de la Seine, les milliers de kilomètres de lisières tant internes qu'externes, les nombreux espaces ouverts qui marquent les jeunes stades du cycle forestier par un faciès de landes plus ou moins hautes, les prairies bocagères et les friches agricoles qui l'entourent, expliquent la diversité des espèces qu'on y rencontre.
 
       
 

Une forêt d'arbres

C'est le temps qui fait la forêt. Celle d'aujourd'hui est pour beaucoup le résultat du travail des forestiers d'autrefois. Héritage de la forêt gauloise, Chênes sessiles et pédonculés dominent. Après la surexploitation des XVIIIème et XIXème siècles, ils ont retrouvé toute leur place, du semis naturel aux futaies de plus de 250 ans agrémentées parfois de quelques sujets encore beaucoup plus âgés. Le Pin sylvestre, introduit à la fin du XIXème siècle pour reconstituer rapidement les peuplements, est la deuxième essence la mieux représentée. Mais avec les essences compagnes, ce sont près de 50 espèces d'arbres différents tels l'Alisier de Fontainebleau, un endémique que nous partageons avec l'Ile de France, mais aussi le Tremble, le Cormier, le Charme, le Néflier, le Pommier sauvage… qui composent bois et sous-bois.

Forêt Orléans - Photo de Christelle Coudray
 
       
 





Forêt Orléans - Photo de Christelle Coudray

La diversité de la flore

En sous-bois, mais surtout dans les allées forestières, c'est une flore diversifiée qui s'exprime, recelant nombre de trésors cachés tels la Rose de France, le Gnaphale des Bois, la Petite amourette, la Scille à deux feuilles, le Corydale solide, l'Epipactis pourpre… Des espèces montagnardes témoignent sans doute d'un très lointain passé des origines du sol, comme l'Arnica des montagnes, le Séneçon à feuilles d'Adonis, le Persil des montagnes, le Bugle pyramidale, le Polystic des montagnes… Les milieux humides et souvent tourbeux recèlent la Droséra et l'Osmonde royale, la Linaigrette et la Pilulaire, la Gentiane pneumonanthe et l'Hottonie des marais… En tout, plus de 750 espèces de végétaux supérieurs et une centaine de mousses y ont été répertoriées par les botanistes. Mais beaucoup d'espèces sont menacées car plus d'une centaine d'entre-elles ne comptent pas beaucoup plus d'une station où elles vivent encore.
 
       
 

Le domaine des grands animaux…

En septembre, le brame du cerf, est un moment magique. Que serait la forêt d'Orléans sans ses Cerfs et ses biches, ses Chevreuils et ses Sangliers, ses Blaireaux et ses Renards, ses Martres et ses Ecureuils, l'un poursuivant l'autre de branches en branches à plus de 20 mètres de haut ? Même le Chat sauvage s'y invite parfois.

Forêt Orléans - Photo de Christelle Coudray
 
       
 



Forêt Orléans

… mais aussi de ceux qui rampent et sautent

Les batraciens sont bien plus des animaux des milieux forestiers que des milieux aquatiques. Seuls la ponte et le développement larvaire se font dans l'eau. Mares, fossés, fondrières et étangs sont ainsi au printemps le lieu de rendez-vous de nombreux ébats sonores. Crapauds communs, Grenouilles rousses et agiles, Tritons alpestres et crêtés, Tritons marbrés et ponctués, Salamandres tachetées et même le très rare Crapaud à ventre jaune s'y retrouvent avant de rejoindre la litière du sous-bois. Seules, les Grenouilles vertes ne quittent guère le bord des eaux.
 
       
 

Une avifaune toute aussi diversifiée

Plus de 180 espèces d'oiseaux ont été observées en forêt d'Orléans.

Le nombre d'espèces nicheuses est important comparé à celui d'autres massifs de plaine : 112 espèces dont 80 typiquement forestières y ont élu domicile, contre 87 en forêt de Fontainebleau, par exemple. La grande dimension du massif et son faible morcellement constituent un facteur primordial. Toutes les espèces de pics que l'on peut rencontrer en plaine dont le Pic noir et le Pic mar sont bien présents, tout comme l'Engoulevent d'Europe et la Bécasse des Bois, les Gobe-mouches gris et noir, la Mésange huppée et la Huppe fasciée, le Pouillot de Bonelli et le Pouillot siffleur... Grive litorne et Bec-croisé des sapins s'y sont même installés. A la faveur des grands espaces dégagés par les cycles de production forestière, la Locustelle tachetée et la Fauvette pitchou, le Courlis cendré et le Vanneau huppé, le Busard St Martin et la Pie-grièche écorcheur, l'Alouette lulu et le Tarier pâtre comptent des populations non négligeables : en 2004-2005 plus de 160 couples de Fauvettes pitchou y ont été recensés par les Naturalistes Orléanais.

Parmi les rapaces, citons le Milan noir, l'Autour des Palombes, la Bondrée apivore et le Faucon hobereau. Quelques Pygargues à queue blanche ont aussi élu domicile au bord des étangs à la mauvaise saison.


Forêt Orléans - Photo de Christelle Coudray



Balbuzard

 
       
 


Une forêt à la dimension des grands rapaces

Le fleuron de cette forêt est sans nul doute représenté par ses grands rapaces. Pas moins de 11 espèces de rapaces diurnes et 4 espèces de rapaces nocturnes nichent en forêt d'Orléans. Parmi elles, quelques uns des rapaces les plus rares de France comme une population remarquable d'Aigles bottés, plusieurs couples de Circaètes Jean-le-Blanc et, une quinzaine de couples de Balbuzards pêcheurs qui sont devenus le symbole de cette forêt.

L'observatoire du Ravoir, ouvert au public, permet de suivre leur reproduction.
Pour plus d'informations : cliquez ici.

 
       
 


 

Sauterelle

 

Insecte

Les insectes aussi

Au bord des étangs et mares, ce sont quelques 48 espèces différentes de Libellules qui ont été répertoriées par les naturalistes, sur 58 que compte le département du Loiret.
Certaines espèces peu communes ou rares ont élu domicile dans des milieux particuliers comme le Leste dryade, la Cordulie métallique, l'Epithèque bimaculée, le Cordulégastre annelé, l'Anax parthenope, la Leucorrhine à large queue…
Les larges allées forestières enherbées sont le domaine des Criquets. Le Criquet des clairières, le Gomphocère roux et le Sténobothre de la Palène ont une réelle affinité forestière alors que les grands carrefours ensoleillés peuvent receler des espèces très thermophiles comme l'Oédipode turquoise ou le Caloptène ochracé. Au bord de quelques étangs, des espèces plus rares comme le Criquet ensanglanté ou le Grillon des marais ont été récemment identifiés.

Allées forestières et lisières attirent particulièrement les papillons : Tabac d'Espagne, Grand Nacré, Petit Sylvain, Grand Mars changeant, Morio, Carte géographique, Miroir… ne sont que des exemples parmi les espèces rencontrées.

Difficile de passer sous silence les nombreuses espèces de Coléoptères dont les larves vivent dans le bois en décomposition, notamment les Longicornes aux élytres parfois très colorées ou les Cerfs-volants, proies privilégiées du Faucon hobereau chassant au crépuscule dans les allées forestières, ou les innombrables Bousiers qui parcourent les sous-bois
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Les sous-bois, paradis des champignons

Evoquer la diversité biologique de la forêt d'Orléans ne peut se faire sans évoquer les innombrables espèces de champignons qui pointent leurs chapeaux à l'automne à travers l'humus des sous-bois : Cèpes de Bordeaux, Amanites tue-mouches, Cortinaires, Lactaires délicieux, Russules, Trompettes de la mort… Beaucoup sont en étroite symbiose avec les arbres de la forêt et ne se rencontrent donc pas au hasard. Ils forment quelquefois des ronds de sorcière dont la taille dépend de l'âge du mycélium qui les réunit. Certains peuvent avoir plusieurs centaines d'années.

Dans ce foisonnement de formes, de couleurs, d'odeurs, le ramasseur de champignons devra faire son choix avec discernement, car les espèces réellement comestibles sont peu nombreuses et les autres peuvent parfois être fatales. Les Naturalistes Orléanais et les associations mycologiques du département, à travers les différentes expositions qu'ils organisent, sont là pour vous y aider.


 

Champignon



 
 
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Mise à jour : 12/02/10