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Telle une coiffe, le massif de la forêt
d'Orléans épouse les courbes du grand fleuve
par le nord sur près de 60 000 hectares. C'est la seule
région naturelle véritablement propre au département
du Loiret.
Au cœur de cet espace forestier où se nichent
les loges, vastes clairières agricoles et leurs villages,
s'étendent les 34 700 hectares de la Forêt domaniale
d'Orléans gérés par l'Office National
des Forêts.
Ceux-ci se décomposent en 3 massifs, d'est en ouest
: Lorris, Ingrannes et Orléans, constituant la plus
vaste forêt domaniale de France.
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Paysages forestiers
Etablie pour l'essentiel sur les sables et argiles de Sologne,
la Forêt d'Orléans est aussi assise sur les terrasses
de sables rouges de la Loire dans sa partie sud et se trouve,
à l'ouest, en contact direct avec le calcaire de Beauce,
créant gouffres, rivières souterraines et pertes.
Les premiers naturalistes y trouvèrent nombre d'indices
de pachydermes, rhinocéros et autres faunes paléontologiques
aujourd'hui disparues.
Pour le profane, la Forêt d'Orléans donne sans
doute l'impression d'une forêt de plaine monotone, aux
peuplements bien ordonnés et voués à la
production de bois. Plusieurs milliers de kilomètres
de routes forestières rectilignes, hérités
des chasses royales la parcourent en effet, la découpant
en plus de 1 500 parcelles soigneusement étiquetées.
Pour le naturaliste, il en est tout autrement ! La diversité
des essences et de l'âge des peuplements, un réseau
de plus d'un millier de mares et d'une cinquantaine d'étangs,
les nombreuses sources, ruisseaux et fossés qui partagent
la forêt entre bassin de la Loire et de la Seine, les
milliers de kilomètres de lisières tant internes
qu'externes, les nombreux espaces ouverts qui marquent les jeunes
stades du cycle forestier par un faciès de landes plus
ou moins hautes, les prairies bocagères et les friches
agricoles qui l'entourent, expliquent la diversité des
espèces qu'on y rencontre.
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Une forêt
d'arbres
C'est le temps qui fait la forêt. Celle d'aujourd'hui
est pour beaucoup le résultat du travail des forestiers
d'autrefois. Héritage de la forêt gauloise, Chênes
sessiles et pédonculés dominent.
Après la surexploitation des XVIIIème et XIXème
siècles, ils ont retrouvé toute leur place,
du semis naturel aux futaies de plus de 250 ans agrémentées
parfois de quelques sujets encore beaucoup plus âgés.
Le Pin sylvestre, introduit à la fin du XIXème
siècle pour reconstituer rapidement les peuplements,
est la deuxième essence la mieux représentée.
Mais avec les essences compagnes, ce sont près de 50
espèces d'arbres différents tels l'Alisier
de Fontainebleau, un endémique que nous partageons
avec l'Ile de France, mais aussi le Tremble, le Cormier,
le Charme, le Néflier, le Pommier
sauvage… qui composent bois et sous-bois.
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La diversité
de la flore
En sous-bois, mais surtout dans les allées forestières,
c'est une flore diversifiée qui s'exprime, recelant nombre
de trésors cachés tels la Rose de France,
le Gnaphale des Bois, la Petite amourette, la
Scille à deux feuilles, le Corydale solide,
l'Epipactis pourpre… Des espèces montagnardes
témoignent sans doute d'un très lointain passé
des origines du sol, comme l'Arnica des montagnes, le
Séneçon à feuilles d'Adonis, le
Persil des montagnes, le Bugle pyramidale, le
Polystic des montagnes… Les milieux humides et
souvent tourbeux recèlent la Droséra et l'Osmonde
royale, la Linaigrette et la Pilulaire, la
Gentiane pneumonanthe et l'Hottonie des
marais… En tout, plus de 750 espèces de
végétaux supérieurs et une centaine de
mousses y ont été répertoriées par
les botanistes. Mais beaucoup d'espèces sont menacées
car plus d'une centaine d'entre-elles ne comptent pas beaucoup
plus d'une station où elles vivent encore.
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Le domaine des grands
animaux…
En septembre, le brame du cerf, est un moment magique. Que
serait la forêt d'Orléans sans ses Cerfs
et ses biches, ses Chevreuils et ses Sangliers,
ses Blaireaux et ses Renards, ses Martres
et ses Ecureuils, l'un poursuivant l'autre de branches
en branches à plus de 20 mètres de haut ? Même
le Chat sauvage s'y invite parfois.
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… mais aussi
de ceux qui rampent et sautent
Les batraciens sont bien plus des animaux des milieux forestiers
que des milieux aquatiques. Seuls la ponte et le développement
larvaire se font dans l'eau. Mares, fossés, fondrières
et étangs sont ainsi au printemps le lieu de rendez-vous
de nombreux ébats sonores. Crapauds communs, Grenouilles
rousses et agiles, Tritons alpestres et crêtés,
Tritons marbrés et ponctués, Salamandres tachetées
et même le très rare Crapaud à ventre
jaune s'y retrouvent avant de rejoindre la litière
du sous-bois. Seules, les Grenouilles vertes ne quittent
guère le bord des eaux.
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Une avifaune toute
aussi diversifiée
Plus de 180 espèces d'oiseaux ont été
observées en forêt d'Orléans.
Le nombre d'espèces nicheuses est important comparé
à celui d'autres massifs de plaine : 112 espèces
dont 80 typiquement forestières y ont élu domicile,
contre 87 en forêt de Fontainebleau, par exemple. La
grande dimension du massif et son faible morcellement constituent
un facteur primordial. Toutes les espèces de pics que
l'on peut rencontrer en plaine dont le Pic noir et
le Pic mar sont bien présents, tout comme l'Engoulevent
d'Europe et la Bécasse des Bois, les Gobe-mouches
gris et noir, la Mésange huppée et
la Huppe fasciée, le Pouillot de Bonelli
et le Pouillot siffleur... Grive litorne et
Bec-croisé des sapins s'y sont même installés.
A la faveur des grands espaces dégagés par les
cycles de production forestière, la Locustelle
tachetée et la Fauvette pitchou, le Courlis
cendré et le Vanneau huppé, le Busard
St Martin et la Pie-grièche écorcheur,
l'Alouette lulu et le Tarier pâtre comptent
des populations non négligeables : en 2004-2005 plus
de 160 couples de Fauvettes pitchou y ont été
recensés par les Naturalistes Orléanais.
Parmi les rapaces, citons le Milan noir, l'Autour
des Palombes, la Bondrée apivore et le Faucon hobereau.
Quelques Pygargues à queue blanche ont aussi
élu domicile au bord des étangs à la
mauvaise saison.
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Une forêt à la dimension
des grands rapaces
Le fleuron de cette forêt est sans nul doute représenté
par ses grands rapaces. Pas moins de 11 espèces de
rapaces diurnes et 4 espèces de rapaces nocturnes nichent
en forêt d'Orléans. Parmi elles, quelques uns
des rapaces les plus rares de France comme une population
remarquable d'Aigles bottés, plusieurs couples
de Circaètes Jean-le-Blanc et, une quinzaine
de couples de Balbuzards
pêcheurs qui sont devenus le symbole
de cette forêt.
L'observatoire du Ravoir, ouvert au public, permet de suivre
leur reproduction.
Pour plus d'informations : cliquez
ici.
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Les insectes aussi
Au bord des étangs et mares, ce sont quelques 48 espèces
différentes de Libellules qui ont été répertoriées
par les naturalistes, sur 58 que compte le département
du Loiret.
Certaines espèces peu communes ou rares ont élu
domicile dans des milieux particuliers comme le Leste dryade,
la Cordulie métallique, l'Epithèque
bimaculée, le Cordulégastre annelé,
l'Anax parthenope, la Leucorrhine à large queue…
Les larges allées forestières enherbées
sont le domaine des Criquets. Le Criquet des clairières,
le Gomphocère roux et le Sténobothre
de la Palène ont une réelle affinité
forestière alors que les grands carrefours ensoleillés
peuvent receler des espèces très thermophiles
comme l'Oédipode turquoise ou le Caloptène
ochracé. Au bord de quelques étangs, des espèces
plus rares comme le Criquet ensanglanté ou le
Grillon des marais ont été récemment
identifiés.
Allées forestières et lisières attirent
particulièrement les papillons : Tabac d'Espagne,
Grand Nacré, Petit Sylvain, Grand Mars
changeant, Morio, Carte géographique, Miroir…
ne sont que des exemples parmi les espèces rencontrées.
Difficile de passer sous silence les nombreuses espèces
de Coléoptères dont les larves vivent dans le
bois en décomposition, notamment les Longicornes
aux élytres parfois très colorées ou les
Cerfs-volants, proies privilégiées du Faucon
hobereau chassant au crépuscule dans les allées
forestières, ou les innombrables Bousiers qui
parcourent les sous-bois
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Les sous-bois, paradis
des champignons
Evoquer la diversité biologique de la forêt d'Orléans
ne peut se faire sans évoquer les innombrables espèces
de champignons qui pointent leurs chapeaux à l'automne
à travers l'humus des sous-bois : Cèpes de
Bordeaux, Amanites tue-mouches, Cortinaires, Lactaires délicieux,
Russules, Trompettes de la mort… Beaucoup sont
en étroite symbiose avec les arbres de la forêt
et ne se rencontrent donc pas au hasard. Ils forment quelquefois
des ronds de sorcière dont la taille dépend
de l'âge du mycélium qui les réunit. Certains
peuvent avoir plusieurs centaines d'années.
Dans ce foisonnement de formes, de couleurs, d'odeurs, le
ramasseur de champignons devra faire son choix avec discernement,
car les espèces réellement comestibles sont
peu nombreuses et les autres peuvent parfois être fatales.
Les Naturalistes Orléanais et les associations mycologiques
du département, à travers les différentes
expositions qu'ils organisent, sont là pour vous y
aider.
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