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Contexte
général
Lorsqu'une expérience concernant l'étude
des impacts des parcs éoliens sur l’avifaune et
les chauves-souris est encore limité. En France, en particulier,
très peu de suivis post-construction ont été
réalisés et notamment en contexte de plaines agricoles
intérieures. La réponse de l'avifaune et des chauves-souris
à l'implantation d'un parc éolien est par conséquent
assez mal connue. Avec l'émergence rapide de parcs éoliens
en France, il convient de réaliser des suivis qui permettront
à terme de garantir à cette filière énergétique
propre une intégration de qualité dans l’environnement,
soit en évitant l’implantation d’éoliennes
dans certaines zones, soit en mettant en place des mesures de
compensation pertinentes.
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Or, fin 2004, 14 parcs éoliens sous la maîtrise
d’ouvrage de deux installateurs NORDEX et VOLKSWIND ont
obtenu leur permis de construire sur les départements
d’Eure-et-Loir, du Loir-et-Cher et du Loiret représentant
123 éoliennes. La réalisation de ces équipements
a commencé à un rythme soutenu au printemps 2005.
Les études faune/flore réalisées en amont
par diverses structures environnementales sur chacun des sites
mettent en avant une faible sensibilité avifaunistique
potentielle des sites. Pour les chauves-souris, certains sites
de la région ont bénéficié d’expertises
récentes (2004) et ont montré une faible diversité
spécifique en zone de grande culture et la présence
de faibles densités en période de reproduction.
Mais, sur les chauves-souris migratrices, aucune étude
pertinente n’a pu être menée en l’absence
de méthodologies et de matériels adaptés
à ce type de situation. Néanmoins, ces expertises,
en l’absence d’un véritable référentiel
éolien en région Centre, concluaient toutes sur
la nécessité d’un suivi avifaunistique et
chiroptérologique durant les 3 à 5 premières
années de fonctionnement.
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Objectifs
du suivi
Les effets résultant de l’implantation
d’un parc éolien sont variables et spécifiques
aux espèces, aux milieux, aux saisons et à la configuration
du parc (en lignes ou en paquets par exemple). Le dérangement
répété peut entraîner une perte effective
d’habitat. La perte d’habitat est d’autant plus
grave si elle affecte des espèces inféodées
à des milieux rares ou menacés. Plusieurs études
sérieuses montrent que le dérangement peut atteindre
la zone des 600 mètres autour du parc éolien (réduction
de l’utilisation de la zone par les oiseaux, zones d’exclusion)
pour certaines espèces. Le dérangement provient
de l’augmentation des activités humaines sur la zone
notamment lors de la phase de travaux, de maintenance et de fonctionnement
des machines. Par ailleurs, les chemins d’accès permettent
aux activités humaines de se développer (randonnées,
équitation, moto, véhicules tout terrains, chasse…)
renforçant d’autant le dérangement. Il apparaît
que les éoliennes peuvent faire barrière aux mouvements
d'oiseaux : au lieu de voler entre les machines, certaines espèces
préfèrent les contourner. Les impacts cumulatifs
de plusieurs parcs (ou de grands parcs) peuvent donc être
importants s’ils entraînent des modifications conséquentes
des dynamiques aviaires. Ceci peut amener à la destruction
d’un fonctionnement écologique tel que les déplacements
hivernaux entre les zones de gagnage et de reposoir. L’architecture
d’un parc éolien doit éviter l’effet
barrière (par exemple en espaçant suffisamment les
machines). La recherche et les études post-construction
permettront de définir la ou les façons de minimiser
le dérangement. (extrait du guide méthodologique
national élaboré sous l’égide de la
LPO).
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Régionalement, un suivi avifaunistique et chiroptérologique
mené durant au moins 5 ans sur un ensemble de parcs représentatifs
des différentes situations d’implantation disponibles
en Beauce, devra permettre d’apporter des réponses
les plus précises possibles sur :
- l’impact effectif global d’éoliennes de
grande taille dans un environnement de grande plaine céréalière
(openfield) et d’une avifaune nicheuse spécifique,
- l’impact effectif global d’éoliennes de
grande taille dans un environnement de grande plaine céréalière
et de migration a priori diffuse et s’étalant sur
un large front,
- les différences d’impact en fonction des principales
variations dans les caractéristiques techniques et stratégies
d’implantation des parcs, en particulier la taille des
parcs, la configuration de leur implantation (en linéaire,
en blocs, en carré...), l'axe d'implantation au regard
de l'axe migratoire, l'écartement entre machines...
- les modifications comportementales éventuelles des
espèces locales et de passage au regard du type d’implantation
et en tenant compte des particularités du paysage local
(vallées boisées) et d’éléments
limitant éventuellement présents tels que les
lignes à haute tension, voies ferrées, routes
à grande circulation…
- un recensement des éventuelles collisions avec les
pales des éoliennes dans les différents contextes,
- l’importance des éventuelles pertes d’habitats
des espèces présentes.
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Mise
en place d’un comité de pilotage régional |
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A l’initiative de Nordex et des Naturalistes Orléanais,
un groupe de suivi s’est mis en place à partir
du printemps 2005, afin d’établir les protocoles
et en assurer le montage financier. Soutenus par la LPO et la
SFEPM, ce groupe de suivi est actuellement composé des
entreprises Nordex et Volkswind, de l’ADEME, du Conseil
Régional, de la DIREN pour les partenaires publics et,
côté associatif, d’Eure-et-Loir Nature et
des Naturalistes Orléanais, avec une participation de
Loir-et-Cher Nature qui apporte son expérience spécifique
sur les busards. L’Association des Naturalistes Orléanais
a été chargée de rédiger le projet.
Bien que lourd financièrement, le programme actuellement
établi, devrait arriver à être mis en place
pour démarrer pleinement au printemps 2006.
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Les protocoles actuellement retenus portent sur :
- les pertes d’habitats et les modifications potentielles
des comportements de la petite faune de plaine nicheuse,
- les pertes d’habitats et les modifications potentielles
des comportements reproducteurs des busards,
- l'évaluation du flux migratoire des oiseaux et des
chauves-souris et de ses modifications éventuelles en
fonction du positionnement des éoliennes au regard de
l’axe migratoire,
- l'évaluation des modifications du flux migratoire pour
les oiseaux et les chauves-souris selon l’environnement
local,
- l'évaluation des modifications de comportement pour
les oiseaux hivernants en stationnement selon l’environnement
local,
- l'évaluation des risques de surmortalité potentielle.
Un lourd chantier mais qui en vaut la peine.
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